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đŸ—șAprĂšs avoir Ă©tudiĂ© 50 langues du monde📖

19 juillet 2026

Introduction légÚre


Depuis les annĂ©es 2010, le nombre de polyglottes sur Terre a fait un grand bond en avant, ce qui semble une bonne chose car apprendre une langue permet de mieux comprendre l’autre, de dĂ©senclaver sa pensĂ©e unique et de s’immerger dans la culture locale. En apprenant une langue locale, on s’émancipe de l’hĂ©gĂ©monie coloniale de l’anglais et tente de comprendre une personne en son propre idiome quelque part dans le monde. C’est une expĂ©rience et aventure Ă  laquelle se mĂȘlent toutes sortes de sentiments, en commençant par la joie, l’euphorie, mais aussi la frustration, la colĂšre ou encore le dĂ©sarroi.

Aujourd’hui, je vais vous livrer mon expĂ©rience de 15 ans d’apprentissage de langues du monde. En espĂ©rant que cet article vous aide et jette quelque lumiĂšre sur la rĂ©alitĂ© de s’abreuver chaque jour de nouveaux mots de partout dans le monde. Au total, j’ai Ă©tudiĂ© plus de 50 langues (ainsi que leurs Ă©critures natives), en parle environ 20 et en enseigne 8. La liste complĂšte se trouve sur mon profil Interpals ci-dessous :
https://www.interpals.net/nicokdo

À l’heure actuelle, j’enseigne les langues suivantes : chinois, japonais, corĂ©en, français, anglais, thaĂŻ, indonĂ©sien et turc. Si vous souhaitez prendre un cours avec ma mĂ©thode unique, contactez-moi sur Instagram (nicodico1), sur Discord ou rĂ©servez votre cours ici :
https://fr.tipeee.com/nicokdo

Au commencement (1995-2010)

Si l’on excepte le français, ma langue maternelle, le nĂ©erlandais que l’on doit apprendre obligatoirement Ă  l’école belge pendant 10 ans, le latin que j’ai Ă©tudiĂ© pendant 6 ans Ă  l’école, et l’espagnol Ă©tudiĂ© en option scolaire (mais sans regret !) pendant deux ans, l’anglais que l’on apprend Ă  l’école quelques annĂ©es de maniĂšre inane, la premiĂšre langue Ă©trangĂšre que j’ai rĂ©ellement Ă©tudiĂ©e par moi-mĂȘme est le japonais il y a 16 ans, en 2010.

La fin des annĂ©es 2000 et le dĂ©but des annĂ©es 2010 annonçait dĂ©jĂ  une autre Ă©poque : foisonnement des ressources Internet, multiplication des manuels papier, propagation intense du Wifi, dĂ©ploiement considĂ©rable d’Internet, dĂ©but de l’utilisation des smartphones, invention des applications ; et pourtant apprendre une langue en ce temps-lĂ  demandait encore une certaine discipline et dĂ©brouillardise. On ne nous arrosait pas comme Ă  prĂ©sent de facilitĂ© et d’abondance en tout lieu tout domaine !

Les années nostalgiques (2010-2013)


De 2010 Ă  2013, je me suis tellement plongĂ© dans l’apprentissage du japonais de zĂ©ro d’une maniĂšre intensive et holistique que j’ai pu rĂ©ussir du premier coup le JLPT N1 en 2013 ; mais surtout en 2014, j’ai Ă©tĂ© embauchĂ© en tant qu’interprĂšte-traducteur français-japonais, un parfait coup du destin. Ce parcours d’apprentissage du japonais, je le dĂ©crirais comme absolument parfait : pratique rĂ©guliĂšre des quatre compĂ©tences (oral, Ă©crit, lecture et Ă©coute), Ă©coute journaliĂšre de musique, visionnage quotidien d’animĂ©s et de dramas, Ă©criture d’un article de taille moyenne ou longue deux trois fois par semaine en japonais sur le site feu Lang-8, pratique de l’oral sur Skype, sĂ©jours immersifs au Japon, lecture hebdomadaire de livres adaptĂ©s en japonais, etc : j’ai appris le japonais en japonais qui est dĂ©sormais devenu, de maniĂšre objective, ma deuxiĂšme langue maternelle. Si je devais conseiller un apprentissage, ce serait celui-ci ; mais malheureusement dĂšs 2013, j’ai enchaĂźnĂ© beaucoup de catastrophes pĂ©dagogiques jusqu’à 2020. Nous allons examiner ces Ă©checs qu’il me faut Ă©galement vous confier.

Sombrer dans l’acadĂ©misme (2013-2017)


En 2013, j’ai en effet commencĂ©, par dĂ©fi personnel, impromptu et tout Ă  fait intrĂ©pide, l’apprentissage du chinois et corĂ©en Ă  l’universitĂ©. Ce fut alors le dĂ©sastre total : apprentissage acadĂ©mique, mĂ©morisation de mots par cƓur et hors contexte, cours de grammaire pure, textes inintĂ©ressants, Ă©litisme infondĂ© des Ă©lĂšves entre eux et pratique fragmentĂ©e des quatre compĂ©tences. J’ai essayĂ© d’appliquer ce que j’avais vĂ©cu en japonais Ă  ces deux autres langues, mais en vain : l’acadĂ©misme a eu raison de moi, je me suis laissĂ© emporter par des vagues endoctrinantes de dĂ©sapprentissage, apprenant extrĂȘmement mal de 2013 Ă  2017. AprĂšs avoir Ă©tĂ© diplĂŽmĂ© en 2017, j’avais beaucoup trop de lacunes que je suis heureusement parvenu Ă  combler tant bien que mal par des Ă©changes de langues intensifs en 2017 et des sĂ©jours Ă  TaĂŻwan, en Chine et en CorĂ©e.

AprĂšs avoir si bien appris de 2010 Ă  2013, je retiens mes annĂ©es 2013 Ă  2017 comme l’exemple parfait de ce qu’il ne faut absolument pas faire pour apprendre une langue. N’apprenez jamais comme moi en ce temps-lĂ , vous perdriez votre temps, argent et motivation !

Devenir interprÚte-traducteur : une période transitoire (2014-2020)


MalgrĂ© ces terribles annĂ©es d’obscurantisme pĂ©dagogique, de 2014 Ă  2020, par le truchement inattendu de la vie je suis devenu interprĂšte-traducteur : j’ai appris sur le tas pour ainsi dire, la meilleure Ă©cole dans ce genre de domaine, qui surpasse toute formation acadĂ©mique et thĂ©orique. De l’interprĂ©tation dans les galeries d’art Ă  Paris, Ă  la traduction de livres, documentaires ou encore le sous-titrage, j’ai sĂ»rement exploitĂ© tous les filons possibles de ces deux domaines. Cette formation inopinĂ©e et fortuite m’a permis d’obtenir une expĂ©rience professionnelle de qualitĂ© et de m’amĂ©liorer en chinois, japonais et corĂ©en tout en travaillant, ce qui me servira par la suite sans que j’en eusse alors conscience.

En 2018, j’ai soudainement Ă©prouvĂ© l’envie d’apprendre une nouvelle langue et me suis lancĂ© dans l’apprentissage de l’arabe, mais de cela n’ai gardĂ© que quelques vocables et la connaissance des lettres sĂ©mitiques. Je n’étais sĂ»rement pas prĂȘt
 Avec mes techniques et mon expĂ©rience de l’époque, maintenir mon chinois, japonais et corĂ©en Ă  un niveau professionnel Ă©tait le mieux que je pusse faire, ne me laissant guĂšre plus de libertĂ© pour apprendre d’autres langues du monde.

Les débuts de NicoDico (2020)


En 2020, Ă  l’instar de beaucoup de gens Ă  travers le monde, la crise sanitaire mondiale a Ă©tĂ© dĂ©cisive et fatidique : je devais devenir guide professionnel au Japon tout en continuant Ă  traduire et interprĂ©ter. La vie fourmillant cependant de rebondissements imprĂ©visibles et d’alĂ©as insoupçonnĂ©s, j’ai dĂ» arrĂȘter toutes mes activitĂ©s et me suis retrouvĂ© sans emploi (notamment Ă  cause de la montĂ©e de l’IA, de la concurrence dĂ©loyale des traducteurs automatiques ou bien encore de sites d’emploi bradant la profession de traducteur). Heureusement en 2019, j’avais commencĂ© Ă  crĂ©er une communautĂ© sur Instagram NicoDico (nicodico1) ; ainsi dans l’avion du retour du Japon vers la France en avril 2020, j’ai Ă©tĂ© soudain frappĂ© d’une illumination : si j’apprends le chinois, japonais, corĂ©en depuis prĂšs de 10 ans maintenant, pourquoi ne les enseignerais-je pas.

En 2020, j’ai donc arrĂȘtĂ© toutes mes activitĂ©s professionnelles prĂ©cĂ©dentes : plus d’interprĂ©tation ni de traduction, mais je donnerais dĂ©sormais des cours de langues. Nonobstant mon expĂ©rience de 10 ans dans le domaine des langues, apprendre une langue et l’enseigner (de surcroĂźt une langue Ă©trangĂšre !) c’est une toute autre approche. En ce domaine aussi, j’ai tout appris sur le tas, par force expĂ©rience et pratique.

2020 a Ă©tĂ© une annĂ©e dĂ©cisive car toutes les questions que les membres de ma communautĂ© m’ont posĂ©es m’ont incitĂ© Ă  dĂ©buter de vĂ©ritables recherches sur l’histoire et les langues. DĂšs 2020, je me suis de nouveau intĂ©ressĂ© Ă  l’apprentissage des langues du monde, Ă  un tel point que de 2020 Ă  2026 j’ai Ă©tudiĂ© plus de 50 langues et leurs Ă©critures natives. Je vous propose par ailleurs de lire dans cet article la mĂ©thode employĂ©e, unique et universelle :
https://nicodicoblog.net/2021/01/19/comment-apprendre-une-langue/

De l’apprentissage des langues : un abĂźme sans fond (2020-2026)


Fin 2020, ouvrant une nouvelle page blanche, je me suis intĂ©ressĂ© Ă  l’apprentissage du thaĂŻ. Me rappelant comment j’avais si bien acquis la langue japonaise, il me fallait mettre toutes les chances de mon cĂŽté : professeur de langue, apprentissage holistique, pratique des 4 compĂ©tences, Ă©coute de musique, sĂ©jour dans le pays, etc. Six ans aprĂšs, en 2026, le thaĂŻ est devenu l’une de mes meilleures langues, et je l’enseigne depuis 2025, l’ayant trĂšs bien appris jusqu’à un niveau semi-natif. Je considĂšre mon apprentissage du thaĂŻ comme plutĂŽt exemplaire et assez Ă©quilibrĂ©, quoique pas parfait. Plus de dĂ©tails dans cet article :
https://nicodicoblog.net/2021/05/20/comment-apprendre-une-langue-le-cas-du-thai/

En 2021, je me suis laissĂ© porter par mon envie d’apprendre les langues du monde, et me suis donc fixĂ© comme objectif d’apprendre au moins une nouvelle langue (ou paire de langues) tous les 6 mois. En 2021, j’ai donc commencĂ© Ă  apprendre l’arabe et l’hĂ©breu ; quelle surprise de me souvenir de l’écriture arabe et de tout ce que j’avais appris en 2018 ! Article dĂ©taillĂ© ci-dessous Ă  ce sujet :
https://nicodicoblog.net/2021/12/03/%f0%9f%90%aacomment-apprendre-une-langue-le-cas-de-larabe-et-lhebreu-%f0%9f%8c%b5/


En 2022, trouvant qu’apprendre une langue tous les six mois n’était pas un rythme assez soutenu, je me suis lancĂ© un dĂ©fi fou (et si je ne me trompe) inexistant jusqu’à prĂ©sent : apprendre une nouvelle langue Ă©trangĂšre tous les mois !

DĂ©but 2022, j’ai renouĂ© avec l’espagnol et ai commencĂ© le vietnamien ; en mars j’ai dĂ©butĂ© le khmer ; en avril le cantonais ; en mai le tibĂ©tain ; enfin en juin ça a Ă©tĂ© la folie : birman, turc, lao, farsi, mongol, finnois, swahili, yoruba, zulu, wolof, hindi, indonĂ©sien, hmong, inuktitut, reprise du nĂ©erlandais aprĂšs 10 ans, glyphes mayas, et enfin hiĂ©roglyphes Ă©gyptiens. Quelle frĂ©nĂ©sie ce fut d’essayer d’apprendre toutes ces langues en mĂȘme temps ainsi que leurs Ă©critures natives ; mais quelle annĂ©e enrichissante Ă©galement que d’ĂȘtre exposĂ© Ă  autant de nouveaux mots, de toucher Ă  toutes ces nouvelles cultures, de rencontrer des centaines de personnes en relation avec ces langues ainsi que de dĂ©couvrir des nourritures locales inĂ©dites ! Quoique cet exercice fut extrĂȘmement intense voire parfois militaire car je devais pratiquer au moins chaque langue 15 minutes par jour, je ne regrette pas une seule seconde ce dĂ©fi impavide. Cette annĂ©e-lĂ  m’a complĂštement dessillĂ© les yeux sur la rĂ©alitĂ© du monde et m’a montrĂ© tant de pensĂ©es et mentalitĂ©s que je n’eusse jamais imaginĂ©es auparavant.

De 2022 Ă  2026, piquĂ© de curiositĂ© et excitĂ© Ă  l’idĂ©e d’explorer les pays dont j’apprenais la langue, je me suis acheminĂ© vers de trĂšs nombreux pays (Vietnam, Cambodge, ThaĂŻlande, Espagne, Japon, CorĂ©e, TaĂŻwan, IndonĂ©sie, Turquie, Hong Kong, etc), tout en continuant Ă  apprendre de nouvelles langues : taĂŻwanais, allemand, basque et tagalog en 2023 ; russe, grec, gĂ©orgien, javanais, tamazight, armĂ©nien, tamoul et quĂ©chua en 2024 ; hongrois, breton, lithuanien, kazakh, albanais et tchĂ©chĂšne en 2025 ; enfin estonien en 2026. De 2020 Ă  2026, j’ai Ă©galement pris plus de 500 heures de cours de langue sur Italki, rencontrant 10-15% de professeurs tout Ă  fait respectables dont l’aide m’a Ă©tĂ© infiniment prĂ©cieuse dans ce parcours. Prendre un cours avec un professeur de qualitĂ© aide grandement Ă  se motiver, Ă  pratiquer et Ă  prĂ©server le cĂŽtĂ© humain de l’apprentissage des langues qui est dĂ©sormais fort mis en danger par l’IA.

De 2020 Ă  2025, j’ai aussi lu des centaines de livres et milliers d’articles de recherche dans une myriade de domaines afin d’approfondir drastiquement mes connaissances sur les langues du monde, leur histoire, origine et existence. En 2025, au cours de plusieurs mois de rĂ©daction acadĂ©mique et micro-articles sur Instagram, j’ai enfin rassemblĂ© 5 ans de recherches et connaissances pour rĂ©diger plus de 1000 pages, laissant ainsi un hĂ©ritage considĂ©rable sur le proto-sapiens, la langue de nos ancĂȘtres ainsi que l’évolution locale de toutes les langues du monde, anciennes et modernes. Plus d’informations Ă  ce propos sur ma page AcadĂ©mia :
https://independent.academia.edu/BruneteauNicolas

De la rĂ©alitĂ© de l’apprentissage des langues : quid de parler 20 langues ?


C’est ici que j’aimerais discuter de la rĂ©alitĂ© de l’apprentissage d’un si grand nombre de langues du monde et des polyglottes. Depuis le dĂ©but, je ne me suis jamais considĂ©rĂ© comme un polyglotte, car cela ne m’intĂ©resse pas vraiment : mon seul but est de connaĂźtre rĂ©ellement les langues dont je fais la recherche, partager de bons moments avec des gens Ă  travers le monde et pouvoir enseigner certaines langues que j’ai particuliĂšrement apprĂ©ciĂ©es. Je me considĂšre simplement comme un chercheur indĂ©pendant en de nombreux domaines et professeur de langues expĂ©rimentĂ©.

Sur YouTube ou les rĂ©seaux sociaux, on voit souvent des polyglottes qui ont « appris » une langue en 6 mois voire 1 an, ont atteint le niveau « C1/C2 » en l’espace d’un instant. Mais aprĂšs avoir Ă©tudiĂ© autant de langues et possĂ©dant une expĂ©rience si poussĂ©e en ce domaine, je peux affirmer Ă  coup sĂ»r au lecteur que seul un fragment de vĂ©ritĂ© existe dans ce genre d’affirmation. Si l’on ne souhaite pas juste enchaĂźner de petites phrases faciles et rĂ©pĂ©ter sans cesse les mĂȘmes mots et expressions en un nombre incalculable de langues, atteindre une connaissance profonde d’une langue ainsi que la parler Ă  haut niveau requiert des heures et annĂ©es de pratique intensive des quatre compĂ©tences. Parfois, quelques rares Ă©lus, dont la mĂ©thode d’apprentissage est excellente, inouĂŻe ou bien tout Ă  fait inconventionnelle parviennent Ă  apprendre une langue trĂšs vite Ă  haut niveau. NĂ©anmoins je n’en ai dĂ©couvert qu’une poignĂ©e.

Parlons dĂ©sormais de la rĂ©alitĂ© de mon expĂ©rience d’apprentissage : aprĂšs avoir lu de trĂšs nombreux livres en neuroscience (pour comprendre mieux l’apprentissage et la mĂ©moire) et l’avoir vĂ©cu et observĂ©, si l’on ne pratique pas rĂ©guliĂšrement une langue, on l’oublie trĂšs vite (mais pas totalement). Cela est dĂ» au fait que les neurones spĂ©cialisĂ©s dans cette langue s’affaiblissent tandis que le rĂ©seau interneuronal ainsi tissĂ© se dĂ©sagrĂšge bien vite. En des termes plus simples, il m’a tout simplement Ă©tĂ© impossible de travailler Ă  plein temps, de voyager, de vivre simplement tout en apprenant en mĂȘme temps plus de 50 langues du monde. J’ai ainsi dĂ©laissĂ© plus de la moitiĂ© des langues entamĂ©es pour me concentrer sur les langues que j’ai prĂ©fĂ©rĂ©es : l’indonĂ©sien car les natifs sont toujours souriants, avenants et de bonne humeur ; le turc car j’ai ressenti une connexion profonde avec ces gens et leur culture ; le tibĂ©tain car malgrĂ© la difficultĂ© extrĂȘme de la langue, je l’adore pour sa grande puretĂ© et sagesse ; ou encore le basque qui m’a apportĂ© une aide considĂ©rable dans mes recherches.

J’ai dĂ» me dessaisir de certaines langues Ă  cause de leur difficultĂ© (qui est tout Ă  fait subjective bien entendu) : le russe pour les dĂ©clinaisons et la prononciation ; le gĂ©orgien pour la conjugaison et la complexitĂ© de la langue ; le farsi par manque de motivation ; le quĂ©chua ou le tamoul par manque de ressources accessibles.

Pour moi apprendre les langues est un processus organique, non-statique et dynamique : au grĂ© de ses envies, des fluctuations de la vie, on commence l’apprentissage de certaines langues, en soustrait certaines Ă  un moment donnĂ©, reprend leur apprentissage plusieurs mois voire annĂ©es plus tard investi d’une nouvelle motivation ; et s’intĂ©resse Ă  de nouveaux horizons Ă  l’aulne des vicissitudes du monde, de ses propres cheminements intĂ©rieurs et mĂ©tamorphoses mentales.

En guise d’exemple, je me suis Ă©vertuĂ© Ă  apprendre trois fois sans succĂšs (!) le russe, le gĂ©orgien et le finnois. Pourtant le turc ou le birman qui semblent tout aussi intriquĂ©s m’ont tout de suite parlĂ© et je me suis plongĂ© dans leur apprentissage sur le long terme. Tout cela semble si mystĂ©rieux, sibyllin, abstrus et pourtant si humain et naturel !

Les langues comme une herbe folle de la vie


À tous les lecteurs, j’aimerais ainsi conclure : il n’est pas impossible d’apprendre une grande quantitĂ© de langues du monde en mĂȘme temps et de les bien parler tout en conservant une vie normale, et travaillant Ă  plein temps. Cela exige tout d’abord une certaine discipline, mĂ©thodologie et organisation. D’aprĂšs mon expĂ©rience, plus vous accumulez de langues au niveau dĂ©butant dans le mĂȘme temps plus la difficultĂ© sera accrue ; le dĂ©but de l’apprentissage est par surcroĂźt le moment le plus instable et ardu qui nous fait davantage tendre vers l’abandon. Il faut tenir bon et bien s’organiser, surtout au tout dĂ©but !

Personnellement, parmi les 50 langues du monde que j’ai Ă©tudiĂ©es jusqu’à prĂ©sent, j’en ai sĂ©lectionnĂ© une vingtaine que j’aimerais savoir couramment, ce qui demande une pratique constante (15 minutes par jour de chaque si possible), reprĂ©sente un processus mental sinueux sur le long terme et requiĂšre surtout force volontĂ© et dĂ©termination. Chaque semaine je pratique avec mes amis Ă  travers le monde, apprends 15 minutes par jour, pratique le shadowing si besoin, lis des livres chaque soir, m’assurant ainsi de pratiquer rĂ©guliĂšrement les quatre compĂ©tences pour toutes ces langues Ă©lues de la sorte.

À notre Ă©poque, parler environ 10 langues couramment semble devenu assez courant au vu de la dense toile de ressources disponibles et de la concurrence des polyglottes entre eux ; mais en connaĂźtre 20 Ă  haut niveau peut se considĂ©rer comme un vrai exploit au vu de la pratique constante qu’il faut mettre en place ; d’autant plus si cette somme linguistique reprĂ©sente un mĂ©lange hĂ©tĂ©rogĂšne de langues Ă  diffĂ©rentes structures venant de diffĂ©rents horizons et point uniquement des langues indo-europĂ©ennes se ressemblant fortement.

Choisissons ainsi les langues du monde que l’on souhaite rĂ©ellement apprendre, apprenons-les bien et ne baissons jamais les bras !


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NicoDico




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